Rencontres amoureuses avec l'herpès

Apprendre qu'un partenaire a l'herpès, ou annoncer à un nouveau partenaire que vous l'avez, peut sembler bien plus grave que ce ne l'est réellement. Avec quelques faits et une conversation honnête, la situation est presque toujours gérable. Voici comment l'envisager.

Les bases

L'herpès est une ITS courante causée par le virus de l'herpès simplex. Il en existe deux types : le HSV-1, qui se manifeste généralement sous forme d'herpès buccal, et le HSV-2, qui se manifeste généralement sous forme d'herpès génital. Il provoque des poussées de lésions dans la zone touchée, mais bien des gens en sont porteurs sans aucun symptôme, ce qui explique pourquoi il se transmet même lorsque rien n'est visible.

Une chose à savoir avant toute autre : l'herpès est partout. Plus de la moitié des adultes canadiens sont porteurs de l'herpès buccal, et environ 1 personne sur 8 a l'herpès génital. Si vous l'avez, vous n'avez rien d'exceptionnel. Si vous faites des rencontres, vous avez presque assurément déjà fréquenté des gens qui l'avaient, qu'ils le sachent ou non. Cette réalité explique en partie pourquoi il importe de passer un test de dépistage et d'en parler ouvertement.

C'est une condition, pas votre identité

Un nouveau diagnostic peut donner l'impression d'engloutir toute votre vie. Il n'en est rien. L'herpès est un virus que vous portez, pas ce que vous êtes. Recommencer à faire des rencontres avec cela en tête est réellement difficile, et le poids émotionnel est bien réel, mais il est aussi temporaire. Les gens qui vous apprécient vous apprécient pour les mêmes raisons qu'ils l'auraient fait de toute façon : votre personnalité, votre humour, votre façon de les traiter. La plupart des partenaires, une fois qu'ils ont les faits en main, ne voient pas l'herpès comme l'obstacle rédhibitoire qu'ils avaient anticipé.

Une communication ouverte facilite tout

La peur du rejet fait partie des rencontres pour tout le monde. Elle est plus forte lorsqu'on a l'herpès, mais la bonne personne ne s'en ira pas pour autant. Voici quelques éléments qui aident :

Dévoilez tôt. Soyez honnête avant que les choses ne deviennent sexuelles, afin que votre partenaire puisse décider en toute connaissance de cause.

Maîtrisez votre sujet. Vous renseigner sur les bases vous permet de répondre calmement à ses questions plutôt que d'essayer de vous remémorer des demi-vérités sur le coup.

Soyez direct. Expliquer comment vous gérez la condition (médication, reconnaissance des poussées, condoms) montre que vous y avez réfléchi et que vous la prenez au sérieux.

Avoir « la discussion » : quand et comment

La conversation de dévoilement a tendance à prendre des proportions bien plus grandes dans votre tête que dans la réalité. Deux conseils pratiques :

N'attendez pas que les vêtements tombent. Parlez-en avant que les choses ne deviennent sexuelles, pour qu'il puisse décider selon ses propres conditions.

Choisissez un moment d'intimité. Vous n'avez pas à le faire lors d'un premier rendez-vous. Un endroit tranquille, à jeun et en tête-à-tête est l'idéal. Pas par texto juste avant de le voir.

Exemple de formulation

« J'apprécie vraiment le temps que je passe avec toi, et je sens que cela pourrait évoluer vers quelque chose de plus physique. Avant cela, je veux que tu saches que j'ai l'herpès génital. Je prends une médication pour cela et le risque de le transmettre est faible, mais il n'est pas nul. Je voulais te le dire maintenant pour que tu aies le temps d'y réfléchir et de me poser toutes tes questions. »

Y a-t-il une obligation légale de dévoilement?

Au Canada, il n'existe aucune obligation légale précise de dévoiler l'herpès à un partenaire sexuel. Cela dit, le lui dire est la chose juste à faire, et c'est le fondement de toute relation dans laquelle vous voudriez réellement vous engager.

Réduire le risque

Quelques gestes simples rendent la transmission beaucoup moins probable, et ils font baisser l'anxiété d'un cran pour vous deux.

Utilisez des condoms. Une utilisation systématique et correcte du condom réduit considérablement le risque de transmission, même si elle ne l'élimine pas.

Connaissez vos déclencheurs et vos signes avant-coureurs. Le stress, la maladie et (chez certaines personnes) les menstruations peuvent provoquer des poussées. Des picotements ou des démangeaisons avant l'apparition des lésions sont un signal indiquant d'éviter les rapports sexuels pendant quelques jours.

Prenez un traitement suppressif. Les antiviraux quotidiens comme le valacyclovir réduisent à la fois la fréquence des poussées et le risque de transmettre l'herpès à un partenaire.

L'herpès buccal peut-il se propager aux organes génitaux, ou l'herpès génital à la bouche?

Oui. Le HSV-1 cause généralement l'herpès buccal et le HSV-2 cause généralement l'herpès génital, mais l'un ou l'autre type peut infecter l'un ou l'autre site, le plus souvent par le sexe oral.

L'herpès peut-il se transmettre en l'absence de poussée?

Oui. Le virus peut être excrété par la peau ou les muqueuses sans aucun signe visible. Chez les couples hétérosexuels où un seul partenaire a l'herpès et qui n'utilisent pas régulièrement le condom, le taux de transmission annuel se situe approximativement entre 5 et 10 %.

Lorsque votre partenaire a l'herpès

Si vous êtes la personne à qui on l'annonce, prenez un instant. On vous confie une information qu'il a fallu du courage pour partager, et c'est bon signe pour la relation, pas mauvais. Posez des questions, renseignez-vous et décidez en vous fondant sur les faits plutôt que sur la première vague de réaction. Fréquenter quelqu'un qui a l'herpès demande un peu plus d'honnêteté dès le départ, et cela rend souvent la relation plus solide, et non plus fragile.

En résumé

Faire des rencontres amoureuses avec l'herpès n'est pas compliqué. Cela exige des conversations honnêtes, quelques habitudes pratiques, et d'accepter qu'il s'agit d'une condition de santé gérable, rien de plus. Avec la bonne personne, c'est un non-enjeu.


Dépistage et traitement de l'herpès