Ce que fait H. pylori
H. pylori est une bactérie spiralée qui vit dans la muqueuse de l'estomac. Elle survit dans l'environnement acide en produisant de l'uréase, une enzyme qui neutralise l'acidité dans une mince couche autour d'elle. Une fois installée, elle peut y rester pendant des décennies.
Symptômes courants lorsqu'elle cause des problèmes :
- Douleur ou brûlure dans le haut de l'abdomen, souvent pire à jeun
- Nausées
- Ballonnements et éructations fréquentes
- Perte d'appétit
- Perte de poids involontaire
Une infection de longue date peut causer :
- Une gastrite chronique. Une inflammation de la muqueuse de l'estomac.
- Des ulcères gastroduodénaux. Des plaies ouvertes dans l'estomac ou le duodénum. Elles peuvent saigner.
- Un cancer gastrique et un lymphome du MALT. Des risques à long terme rares mais réels, qui diminuent considérablement après l'éradication.
À noter : la plupart des personnes infectées par H. pylori n'ont jamais de symptômes. Le dépistage est habituellement déclenché par une dyspepsie persistante, des ulcères découverts à l'endoscopie ou des facteurs de risque précis.
Comment on le diagnostique
Quatre tests sont disponibles au Canada, en ordre décroissant de fréquence d'utilisation :
- Test respiratoire à l'urée (UBT). Non invasif, très précis, et utilisé à la fois pour le diagnostic et pour confirmer la guérison après le traitement.
- Test de l'antigène dans les selles. Tout aussi efficace. Pratique si un test respiratoire n'est pas offert localement.
- Endoscopie avec biopsie. Réalisée s'il y a un saignement, des symptômes d'alarme ou un besoin d'examiner directement la muqueuse de l'estomac. La biopsie peut être analysée pour H. pylori avec une grande précision.
- Test sanguin d'anticorps. Peu coûteux et largement disponible, mais il peut demeurer positif longtemps après la disparition d'une infection, ce qui ne permet pas de distinguer une infection active d'une ancienne. Rarement utilisé aujourd'hui.
Le test respiratoire comme le test de l'antigène dans les selles peuvent être faussement négatifs si vous avez récemment pris des IPP (2 semaines), des antibiotiques (4 semaines) ou du bismuth (4 semaines). Cessez-les d'abord si votre médecin est d'accord.
Les schémas thérapeutiques
La plupart des traitements d'éradication de H. pylori utilisent une combinaison de deux antibiotiques, d'un IPP et souvent de bismuth, pendant 10 à 14 jours. Les deux principaux schémas de première intention au Canada :
Quadrithérapie à base de bismuth (BQT), 14 jours. Maintenant l'option de première intention privilégiée dans la majeure partie du Canada, étant donné la résistance croissante à la clarithromycine :
- IPP deux fois par jour
- Sous-salicylate de bismuth quatre fois par jour
- Tetracycline 500 mg quatre fois par jour
- Metronidazole 500 mg trois ou quatre fois par jour
Thérapie concomitante (PAMC), 14 jours. Utilisée lorsque la thérapie à base de bismuth n'est pas tolérée :
- IPP deux fois par jour
- Amoxicillin 1 g deux fois par jour
- Clarithromycin 500 mg deux fois par jour
- Metronidazole 500 mg deux fois par jour
Ça fait beaucoup de comprimés (parfois 18 à 20 par jour). Bien des gens règlent des alarmes sur leur téléphone pour chaque dose.
La trithérapie plus courte de 10 jours (IPP + amoxicillin + clarithromycin) était autrefois la norme, mais les taux d'éradication sont tombés sous les 80 % à cause de la résistance à la clarithromycine. Elle est encore utilisée lorsqu'on sait que la résistance locale est faible.
À quoi ressemblent les deux semaines
La plupart des gens se sentent plus mal sous traitement qu'ils ne l'étaient avec l'infection elle-même, ce qui est la principale raison pour laquelle les patients abandonnent tôt. Effets secondaires courants :
- Goût métallique ou amer, surtout à cause du metronidazole. Les boissons au goût prononcé (menthe, gingembre) aident.
- Selles noires et langue foncée à cause du bismuth. Sans danger. Elles disparaissent après le traitement.
- Nausées durant les 2 ou 3 premiers jours. Prendre les comprimés avec un petit repas aide.
- Diarrhée, parfois légère, parfois plus marquée. Les probiotiques (Bio-K, Florastor) peuvent la réduire; les données sont mitigées, mais ça ne nuit pas d'essayer.
- Maux de tête et fatigue.
- Éviter strictement l'alcool pendant la prise de metronidazole. Cette combinaison cause des nausées intenses et des bouffées de chaleur.
Le plus important est de terminer les 14 jours au complet. Arrêter tôt est de loin la principale raison pour laquelle l'éradication échoue et la résistance se développe. Si les effets secondaires deviennent insupportables, appelez votre médecin plutôt que de tout simplement arrêter.
Confirmer que ça a fonctionné
Un test de contrôle de guérison est recommandé pour tout le monde, pas seulement pour ceux qui ont des symptômes persistants. Environ 20 à 30 % des traitements de première intention échouent, et on ne peut pas le savoir d'après les symptômes seuls.
Le moment est important :
- Attendez au moins 4 semaines après la fin des antibiotiques et du bismuth.
- Cessez l'IPP au moins 2 semaines avant le test.
- Utilisez un test respiratoire ou un test de l'antigène dans les selles. N'utilisez pas les anticorps sanguins (encore positifs même après la guérison).
Si le test est négatif, c'est terminé. Les symptômes qui étaient causés par H. pylori disparaissent habituellement en 1 à 3 mois.
Si le traitement a échoué, votre médecin passera à un schéma de deuxième intention utilisant des antibiotiques différents, souvent à base de levofloxacin ou en prolongeant la quadrithérapie à base de bismuth. Environ 90 % des patients sont éradiqués au deuxième traitement.
Manger et vivre durant le traitement
Des choses simples qui aident la plupart des patients à passer à travers les 14 jours :
- Mangez de petits repas fades avant chaque dose. Un estomac vide combiné à quatre antibiotiques égale souvent des nausées.
- Ajoutez du yogourt nature ou un probiotique (Bio-K, Florastor) une fois par jour pour réduire le risque de diarrhée.
- Évitez complètement l'alcool, surtout si le metronidazole fait partie du schéma.
- Réduisez le café, les aliments épicés et les boissons acides (jus d'orange, sauce tomate) jusqu'à ce que votre estomac se calme.
- Ne fumez pas. Ça nuit à la guérison de l'estomac et abaisse les taux d'éradication.
- Dormez plus que d'habitude. Votre corps en a beaucoup à gérer.
Vous n'avez pas besoin de changer votre alimentation à long terme pour « empêcher » H. pylori de revenir. Les taux de réinfection au Canada sont très faibles (bien en dessous de 2 % par année une fois que vous avez été guéri).
L'essentiel
L'éradication de H. pylori est un engagement de 10 à 14 jours à prendre plusieurs médicaments selon un horaire strict, souvent avec des effets secondaires désagréables. Environ 70 à 90 % des traitements de première intention guérissent l'infection. Le test de suivi à 4 semaines est non négociable; autrement, vous ne saurez pas si c'est terminé. Si votre premier traitement échoue, la thérapie de deuxième intention fonctionne pour la plupart des gens qui l'essaient.
FAQ
- Que se passe-t-il si je ne le traite pas? La plupart des personnes atteintes de H. pylori ne développent jamais de problème. Parmi celles qui en développent, les principaux risques sont la gastrite chronique, les ulcères et, beaucoup plus rarement, le cancer gastrique ou le lymphome du MALT. Le traitement est recommandé si vous avez eu des ulcères, une dyspepsie persistante ou d'autres facteurs de risque précis.
- Comment savoir si ça a fonctionné? Un test respiratoire ou un test de l'antigène dans les selles au moins 4 semaines après la fin des antibiotiques. Vous devez avoir cessé les IPP depuis au moins 2 semaines avant ce test.
- Est-ce que ça peut revenir? La réinfection est rare au Canada, bien en dessous de 2 % par année une fois l'éradication faite. Si les symptômes reviennent plus tard, c'est plus souvent autre chose (reflux, AINS, dyspepsie fonctionnelle).
- Existe-t-il des traitements naturels? Certaines recherches suggèrent que les probiotiques, les pousses de brocoli (sulforaphane) et certains extraits de plantes ont une activité contre H. pylori, mais aucun ne guérit l'infection de façon fiable à lui seul. Ils peuvent compléter l'antibiothérapie, mais pas la remplacer.
- Que faire si les effets secondaires sont trop intenses? Appelez la personne qui vous a prescrit le traitement. Parfois, un léger changement de dose, un médicament contre les nausées ou un changement d'antibiotique fait toute la différence. N'arrêtez pas tout simplement le traitement.
- L'alimentation a-t-elle de l'importance? Pendant le traitement, les aliments fades et peu irritants aident contre les nausées. Après l'éradication, vous n'avez pas besoin d'une diète spéciale pour « prévenir » la récidive.
- Le traitement est-il sécuritaire pour tout le monde? La plupart des adultes le tolèrent. Les personnes ayant de graves allergies à la pénicilline ou aux sulfamides, une maladie rénale ou une grossesse auront besoin d'un schéma ajusté. Informez la personne qui vous prescrit le traitement de tous vos médicaments, y compris les suppléments.
Avis de non-responsabilité : ce billet de blogue est destiné uniquement à des fins éducatives et ne doit pas être considéré comme un avis médical. Consultez toujours votre professionnel de la santé pour vos préoccupations de santé personnelles.